ToutEs ou pantoute : le balado qui envoûte

Crédits photo: Cassandra Cacheiro

ToutEs ou pantoute, un balado féministe, queer et interrégional né de l’initiative des coréalisateurices Laurie Perron et Alexandra Turgeon, se renouvelle pour une troisième saison entamée le 13 janvier.

« Allo à toutEs avec un criss de gros “E” à la fin. Parce que c’est toujours bien la base d’essayer d’inclure tout le monde! », s’exclame rituellement Laurie en début d’enregistrement, comme pour inaugurer un safe space.  Les animateurices cultivent cet espace qui assure quiétude et protection à la communauté LGBTQ+ et aux femmes, entre autres, depuis les balbutiements du balado.

En plus d’être marqué par l’agrandissement de l’équipe de production, le coup d’envoi de la troisième saison de toutEs ou pantoute est accompagné d’une brochette d’invité·e·s qui partagent leurs connaissances avec le public. Ce qui demeure inchangé pour la saison en cours, c’est l’accompagnement émotionnel et le soutien sympathisant que les animateurices offrent à l’auditoire. Malgré la brutalité de certains thèmes abordés, la douceur des conclusions tirées et l’humanité des participants et participantes apaisent. Cette complicité entre le duo d’animation et les personnes invitées fait du balado un lieu sécuritaire où baigne une vulnérabilité qui fertilise la réflexion.

Le médium idéal 

Les coréalisateurices n’ont pas eu assez de deux saisons pour exploiter en profondeur tous les enjeux qui les animent. Le duo se réjouit de la portée de leur médium : iels sont enthousiastes à l’idée de pouvoir accroître la visibilité de leurs conversations qui, sans le balado, resteraient des paroles entre ami·e·s. Pour Alexandra, fervente de radio depuis toujours, mais passionnée de balados depuis peu, « internet est un excellent camarade d’éducation populaire ». Ce dernier permet à leurs discussions de traverser le temps et de voyager pour interpeller les personnes qui habitent loin de la grande ville.

« L’objectif, c’est d’apprendre, de parler devant des gens, d’adapter le balado de façon virtuelle pour qu’il soit diffusable facilement », insiste Laurie en entrevue avec Le Culte.

Se réapproprier le droit à l’erreur

« En tant que militante, je ne veux froisser personne. Je veux peser mes mots, mais l’erreur est parfois inévitable. Est-ce que ça veut dire qu’on ne doit pas essayer? », se questionne régulièrement Alexandra. Laurie jongle aussi avec ces mêmes inquiétudes lorsqu’iel pense à la témérité d’un contact direct avec le public : « Quelquefois, je me demande si je ne suis pas en train de tout faire à l’envers. D’avoir une conversation avant de pouvoir pleinement expérimenter quelque chose ».

C’est avant tout le désir de légitimer les sentiments de certaines communautés opprimées qui a convaincu Alexandra et Laurie de réaliser toutEs ou pantoute. Selon les animateurices, c’est l’opportunité parfaite pour effectuer des recherches sur ce qui les intéresse vraiment. À l’occasion de la troisième saison, les collègues se souhaitent  une cohérence quasi totale et une meilleure visibilité pour donner la parole aux groupes qui en ont le plus besoin. 

Les nouveaux épisodes de toutEs ou pantoute sont diffusés sur toutes les plateformes de baladodiffusion et sur toutesoupantoute.com

Auteur Florence Cantin

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