Marguerite : le feu, ou le feu d’une lutte pour la liberté

Crédits photo: Yanick Macdonald

La pièce Marguerite : le feu, présentée au Théâtre Espace Go du 15 mars au 2 avril, relate la première poursuite judiciaire intentée par Marguerite Duplessis, une femme autochtone en situation d’esclavage, en 1740 au Québec.

Marguerite : le feu nous projette au cœur de l’histoire et du procès de Marguerite Duplessis, qui lutte pour son affranchissement. L’œuvre rappelle le passé esclavagiste québécois souvent absent de la mémoire collective, bien qu’il ait existé pendant deux siècles.  Émilie Monnet, à la fois autrice, co-metteuse en scène et actrice de la pièce, nous fait découvrir cette femme remarquable qui, malgré ses efforts, perd son procès et est forcée de partir pour la Martinique, où elle est revendue.

Émilie Monnet est reconnue pour son théâtre interdisciplinaire et ses installations performatives. Les trois actrices de la pièce, Aïcha Bastien N’Diaye, Madeleine Sarr et Émilie Monnet, chantent, récitent et dansent. Elles se font souvent écho et leurs voix se mélangent pour donner du relief au texte. Leur travail d’interprétation épate par ses nombreuses prouesses vocales, son utilisation du corps dans l’expression des émotions et son synchronisme. Les actrices montrent également de grandes capacités de mémorisation.

Le verbatim du procès de Marguerite Duplessis constitue le texte choral de Marguerite : le feu. Il contribue à la dimension historique de la pièce, mais son langage soutenu complexifie la compréhension de l’histoire de la protagoniste. Le public doit s’accrocher pour ne pas perdre le fil des mots soignés qui se succèdent. L’accessibilité de la pièce est ainsi réduite.

Marguerite : le feu s’inscrit dans la triade Marguerite d’Émilie Monnet, un projet artistique traitant d’amnésie collective, de résilience et de mémoire cyclique. Marguerite comprend la série balado Marguerite : la traversée, la pièce de théâtre Marguerite : le feu ainsi que le parcours sonore et performatif Marguerite : la pierre, qui se déroulera du 7 mai au 6 juin dans le Vieux-Montréal.

Auteur Pascale Leclerc

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