Libre : Le cinéma s’invite chez le sculpteur

Visuel gracieuseté du Festival international du film sur l’art.

Le 19 mars dernier, dans le cadre du 40e Festival international du film sur l’art, a été dévoilé le fruit d’un travail colossal : une sculpture monumentale de l’artiste André Desjardins dont le processus de création a été capté par sa conjointe, la réalisatrice Hélène Bélanger-Martin. Cette dernière en tire Libre, un documentaire qui propose une incursion dans l’atelier de l’artiste, ce lieu intime bercé par les sons de la forêt.

Ayant grandi entouré des paysages bucoliques de Magog, le sculpteur autodidacte André Desjardins trouve une source d’inspiration intarissable dans cette région qui a marqué son enfance. Le film le suit dans l’accomplissement d’un de ses projets les plus ambitieux : recréer une sculpture façonnée un an plus tôt en une version plus grande que nature qui atteint une hauteur de huit pieds. 

Faire le portrait d’une paix intérieure

Intitulée Libre, l’œuvre façonnée à l’aide d’argile avant d’être fondue dans le bronze représente un homme agenouillé, les cheveux battus par un vent invisible, une expression paisible au visage. Destiné à être installé sur les berges du lac Memphrémagog, le personnage est lourd de sens pour l’artiste. 

D’une part, il incarne la sérénité à laquelle tous et toutes aspirent lorsque confronté·e·s aux grands questionnements de la vie. D’autre part, la figure personnifie l’émerveillement devant l’immensité du lac face auquel elle est érigée. « Tout ce que cette sculpture représente appartient à André. C’est à la fois un hommage au lac de son enfance, tout en évoquant le soulagement de se dire qu’on a pris la bonne décision, qu’on est à notre place », explique Hélène Bélanger-Martin en entrevue avec Le Culte.

Quand l’argile prend vie

En signant Libre, son neuvième film, la galeriste et réalisatrice pose un regard inédit sur la pratique artistique de celui qui partage sa vie. Pour elle, l’œuvre naît bien avant son exposition : elle débute dès les premiers germes d’idées dans l’imaginaire de l’artiste. « On est toujours devant des œuvres d’art terminées et on n’a pas accès à leur phase de développement. J’ai donc décidé de dédier ma pratique au cinéma pour entrer dans des ateliers et, ainsi, laisser une trace de la genèse des œuvres », partage-t-elle. 

Pourtant, André Desjardins ne se limite pas aux confins de son atelier pour s’adonner à son travail. À l’écran, il apparaît souvent à l’extérieur, peaufinant les moindres détails de sa sculpture, assis sous le couvert des bois ou le long des plages du lac Memphrémagog. L’eau miroitante semble faire office de véritable muse pour l’artiste, l’emplissant de cette même quiétude dont il désire imprégner son œuvre.

Le documentaire Libre sera à l’affiche de la Cinémathèque québécoise les 13, 16, 18 et 19 avril prochains. La sculpture du même nom se trouve actuellement au parc de la Baie de Magog.

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