Commun’art: l’art comme outil de partage et de thérapie

D’abord une initiative étudiante née au Collège Jean-de-Brébeuf, l’exposition annuelle Commun’art, qui met de l’avant des artistes émergents tout en faisant la promotion de l’art-thérapie, est devenue un OBNL cette année et possède de grandes aspirations.

Sur papier, l’idée semble géniale. Le temps d’un soir, des jeunes artistes ont une plateforme pour présenter leurs créations. Les recettes engendrées par la vente de ces dernières sont remises à l’organisme Espace Transition, qui permet à des adolescents à l’hôpital Sainte-Justine d’explorer l’art-thérapie. Concrètement, les résultats de ce concept sont épatants. L’an dernier, ce n’est pas moins de 8343,59$ qui ont été amassés lors de la soirée.

Pour la présidente et trésorière de Commun’art, Anna Staub – étudiante à l’Université McGill – l’année 2019 sera charnière. «On veut un public différent, plus large, (…) on veut se bâtir une clientèle. On veut rassembler des communautés», avance-t-elle. L’assistance est généralement composée du milieu artistique étudiant et de quelques philanthropes prêts à regarnir leur collection.

Mise à part la vente des oeuvres, les organisateurs misent sur les frais d’entrée – une dizaine de dollars – et la participation de commanditaires pour gonfler le montant total remis à Espace Transition.

Pourquoi financer l’art-thérapie? « C’est fou à quel point un atelier peut redonner confiance. On n’identifie pas les gens par leur maladie ou par leur trouble, mais bien par leur art, uniquement», explique Anna Staub. L’artiste émergente Rosalie DesRochers, qui participera à la prochaine édition, abonde dans le même sens: «Tout le monde devrait avoir le droit de s’exprimer artistiquement, pas seulement les gens approuvés par la norme », ajoute-t-elle.

D’ailleurs, les oeuvres présentées par les 26 artistes sélectionnés prendront compte du contexte de l’exposition, sans toutefois nécessairement s’inscrire dans l’art engagé. «Elles doivent porter un certain message, elles portent une cause importante », affirme Rosalie DesRochers, qui explore fréquemment la thématique de l’enfance dans ses toiles et dans ses sculptures.

Même si Commun’art est une initiative étudiante qui en sera à sa première édition sans le support du Collège Jean-de-Brébeuf, Anna Staub est optimiste pour la suite et ne voit pas le projet s’arrêter de sitôt. Les organisateurs ont comme mission première de démocratiser l’art-thérapie, c’est pourquoi ils aimeraient éventuellement organiser leurs propres ateliers. Du même coup, cela élargirait le public éligible à cette pratique, dont les bienfaits ont été prouvés.

En somme, Commun’art croit fermement à la circularité de son concept: l’on promeut, vend et guérit avec l’art. Il est difficile d’imaginer un modèle d’affaires plus noble.

L’exposition prendra place au Decade Building à 19h00, le 21 mars prochain.

Félix Desjardins

Auteur Félix Desjardins

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