25 000 tuques tricotées serrées

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Crédit Photo: Page Facebook 25 000 tuques

Le Musée McCord organisait, vendredi dernier, un événement de tricotage allant de pair avec le projet 25 000 tuques pour l’arrivée des migrants syriens, à travers le pays, dans les prochains mois. Retour sur une journée et un projet inspirant et rassembleur qui vise à donner espoir aux plus démunis.

25 000 tuques, c’est un mouvement citoyen qui a pour but d’accueillir chaque migrant syrien avec une tuque tricotée à la main, dans laquelle serait déposé un message personnalisé. Initié par l’auteure et comédienne Danielle Létourneau, ce projet a véritablement fait boule de neige au Québec et même à l’extérieur de la province. Et c’est peu dire. « J’ai créé cette page un mercredi en réponse aux commentaires haineux que je lisais à la suite des attentats de Paris. Je me disais que si nous étions une dizaine de filles à tricoter autour d’une table, ça serait déjà bien, raconte-t-elle en riant. Le samedi matin, je n’arrivais déjà plus à gérer la page Facebook. Un beau problème. »

Avec près de 10 000 abonnés Facebook en moins d’un mois, 25 000 tuques s’associe maintenant avec la Croix-Rouge et le Musée McCord, renforçant son impact positif au sein de la population. Des milliers d’individus et quelques organismes mettent de côté la peur liée aux attentats de Paris pour s’unir à une cause commune. Ils se rassemblent pour apaiser des souffrances multiples. « Après les attaques de Paris, les gens avaient peur qu’il y ait des terroristes qui se faufilent parmi les réfugiés, explique Laura Delfino, coordonnatrice à l’Action éducative du musée. L’attention était beaucoup portée sur les questions administratives et de sécurité. On a finalement laissé de côté ce volet-là au profit du tricotage. »

La collaboration du Musée McCord permet de rassembler des individus autour d’aiguilles et de pelotes de laine afin de confectionner des tuques, mais permet aussi de cristalliser de beaux moments. Les bénévoles ont enfin l’opportunité de se faire entendre : « Les personnes de bonne volonté nous ne les entendons jamais contrairement aux pessimistes, dénonce Danielle Létourneau. Je ne crois pas que nous allons convaincre les plus réticents avec notre projet, mais, pour une fois, nous allons donner un droit de parole aux bénévoles. »

Bien que le nombre magique de 25 000 ne soit que symbolique, le projet prend tout de même la forme d’une mission sociale empreinte d’humanité et d’ouverture d’esprit. Un mouvement de solidarité qui donnera plausiblement une dose d’amour unique aux réfugiés. «Nous n’avons pas vécu la guerre, mais nous pouvons nous imaginer c’est quoi, clame Mme Létourneau. La peur de perdre les siens, ça pogne dans les talons et on peut se l’imaginer. C’est un gros minimum d’essayer d’apaiser leurs souffrances».

Une autre journée de tricot est prévue le 15 janvier prochain au Musée McCord, dans l’espoir que l’engouement pour la fabrication de tuques prenne encore plus d’ampleur. Pour que les réfugiés aient chacun droit à un bonnet pour l’hiver, mais aussi pour qu’ils reçoivent un accueil chaleureux. Parce que c’est aussi ça, la base du projet 25 000 tuques.

Véronique Senécal

Auteur Véronique Senécal

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