Soi : La beauté d’un univers si vaste

Tant que tu ne l’as pas fait, tu auras toujours cette arrière-pensée : « Vont-ils toujours m’accepter pour ce que je suis réellement ? »

Alex, 21 ans, Montréal.  

Je n’ai jamais eu cette proximité avec mes parents.
Ce type de relation où l’aisance définit les conversations.
Alors, cette épreuve était difficile pour moi.

Je suis gai, mais je ne m’étais pas encore affirmé de façon officielle auprès de ma famille, bien que le reste de mon entourage soit au courant.

C’est suite à ma première fréquentation que j’ai décidé d’agir.

D’abord, nous n’étions pas sur la même longueur d’onde.
Il était bien avec lui-même.
Il avait des plans futurs.
Il était affirmé.

Et je ne correspondais à aucune de ces catégories.

Un soir, il m’avoue les quatre vérités à propos de notre relation. Cette dernière ne pouvait évidemment pas fonctionner. J’étais choqué. Non contre lui, mais contre moi-même. J’imaginais, au même instant, mes relations ultérieures se terminer ainsi.

Toujours de la même façon. Toujours à cause de moi, car je n’étais pas affirmé pleinement.

J’ai pris conscience des barrières que m’imposaient mon silence et j’ai décidé d’agir la même soirée.

Arrivé chez moi, je n’étais aucunement capable de m’exprimer face à eux,
Ces êtres chers qui devraient me connaître par cœur.

Toutefois, je devais à tout prix me délivrer de cette émotion.
Cette frustration
Qui était à la fois pour moi,
Une prison.

J’ai écrit deux lettres. Une pour mes parents et une pour mes frères. Je suis allé chez l’une de mes amies et je n’ai qu’angoissé toute la soirée. Dans ma tête, j’ai pensé qu’il y aurait la possibilité que mes parents ne l’acceptent pas. Qu’ils ne m’acceptent pas.

À 20 heures, plusieurs messages sont apparus sur l’écran de mon cellulaire. Ils avaient tous la même connotation.

Toute ma famille m’exprimait son amour, sa présence et son acceptation envers moi.

Dès lors, une certaine liberté m’envahit.

Je n’ai maintenant plus d’excuses pour ne pas être moi-même.
J’apprends à m’affirmer.

Enfin.

Le fameux coming out. De nos jours, de plus en plus d’individus trouvent le courage de se révéler au monde et de s’accepter tels qu’ils sont. C’est une réalité qui est également de plus en plus acceptée dans notre société, prouvant ainsi que cette dernière a bien évolué.

Mais est-ce suffisant?

Dans une véritable société ouverte et inclusive, le coming out devrait-il demeurer une étape cruciale dans une vie? Ces termes d’affirmation et d’acceptation ne devraient-ils pas déjà faire partie de notre réalité sociale?

Nous vivons à présent dans un monde où la diversité et la pluralité s’harmonisent sous toutes les formes. Alors, pourquoi doit-on se justifier d’être qui nous sommes réellement ?

Est-ce à cause de ces jugements incessants, ces critiques, ces opinions et ces réactions omniprésentes qui freinent la simple existence depuis toujours. Pourquoi s’en préoccuper ?

Parce qu’on veut plaire, mais avant tout ne pas décevoir.

Ces autres, ces étrangers et ces êtres chers sont ceux qui devraient nous accepter.

Et ce, sans avoir à se justifier.

Ici, les injustices sont aux oubliettes.
L’unicité est la beauté de cet univers si vaste.
Et rien ne devrait nous empêcher d’être soi.