Une famille iconoclaste Partie II : Un début à tout

Très jeune, j’ai appris que ma vie serait différente.
De celle de mes amies.
De celle de mes collègues.
De celle de tous.

Un jour, ma mère m’a présenté une nouvelle amie. Au fil du temps, cette amie participait de plus en plus à nos petites soirées cinéma, aux activités familiales et aux repas à l’improviste. Elle était considérée comme un membre de la famille. Bien sûr, face à ma naïveté infantile, je n’ai assurément rien remarqué d’anormal.

Jusqu’au jour où ma mère m’a annoncé la grande nouvelle.

Ma réaction était si simple. Je n’ai fait qu’accepter le choix de ma mère. Évidemment, je ne pouvais émettre un jugement en raison de mon incompréhension de l’amour. Comment une fillette comme moi pouvait-elle savoir ce que représentait réellement l’amour ? J’étais simplement heureuse de voir ma mère ainsi.

L’introduction ultérieure de ma belle-mère a bel et bien facilité cette transition. Mais ce qui était le plus rassurant, c’était que je n’étais pas seule. La présence de ma sœur aînée m’a effectivement aidée à traverser cette étape hors du commun.

Cela dit, le tout s’est réalisé dans la fluidité la plus complète.

Toutefois, suite à ces changements drastiques, mes parents avaient quelques inquiétudes face à nos parcours scolaires. Ils se sont assurés que nous étions bien encadrées afin que rien ne perturbe notre cheminement. Tous les professeurs étaient au courant de notre situation familiale et, si cela ne cadrait pas dans leurs valeurs, ceux-ci sont toujours restés professionnels.

Plus jeune, j’ai perdu quelques amies. Mais, à cet âge, ce choix provenait-il véritablement de mes amies? Cette volonté provenait fort probablement de la part de leurs parents. Des parents qui ne voulaient pas admettre à leurs enfants que cette réalité existait. Des individus qui avaient, peut-être, peur de l’inconnu. Malgré tout, je continuais à jouer dans les parcs et au ballon-poire dans la cour d’école avec mes camarades de classe.

Enfant,
On est naïf.
On apprend.
On découvre.
Mais surtout, on aime la vie.

Jusqu’au jour où l’on rencontre cette période de recherche d’identité propre à l’adolescence.

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