Vivre sa dépendance sexuelle

Les conséquences de la légalisation de la marijuana en juillet 2018, la crise des opioïdes, la dépendance aux jeux vidéos qui vient d’être reconnue comme une maladie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ; à plusieurs reprises, on entend parler de ces dépendances dans les journaux et à la télévision. Les drogues, l’alcool, le jeu compulsif et les jeux en ligne font partie des plus communes et des plus répandues.

À plusieurs reprises, on entend parler de ces dépendances dans les journaux et à la télévision. Les drogues, l’alcool, le jeu compulsif et les jeux en ligne font partie des plus communes et des plus répandues.

Mais qu’en est-il du sexe?

Au même titre que n’importe quelle personne dépendante à une substance psychoactive, les dépendants sexuels perdent rapidement le contrôle de leur sexualité et de leur vie. La compulsion de leurs comportements entraine des conséquences graves et ils nécessitent une aide professionnelle afin de s’en sortir.

Le groupe Les Sexoliques Anonymes rassemble des hommes et des femmes qui désirent mettre un terme à leur problème de dépendance sexuelle. J’ai discuté avec un membre, Robert* (nom fictif), du phénomène et de son expérience personnelle.

Culte : Qu’est-ce qui définit une dépendance sexuelle?

Robert : C’est la luxure, la recherche du plaisir sexuel compulsif. Ça peut se manifester dans la masturbation compulsive, la consommation de pornographie, mais également dans la séduction, les massages et tout ce qui touche à l’intrigue, l’interdit… C’est comme être des ivrognes du sexe.

: Où se trouve la limite entre une personne qui possède une très forte libido et une personne dépendante sexuellement?

: La personne dépendante ne sera pas capable d’arrêter. Un bon exemple serait une personne qui n’est pas alcoolique : elle pourra consommer de la bière, du vin ou toute autre sorte d’alcool sans problèmes, alors que la personne alcoolique ne sera pas capable d’arrêter sans aide extérieure.

Aussi, une personne dépendante qui dépasse les bornes pourrait parfois aller jusqu’à agresser sexuellement quelqu’un d’autre. Heureusement, ça ne se rend pas toujours jusque là, mais ça se peut. Certains vont se rendre jusqu’en prison, souvent pour attouchements, comme on en entend parfois parler dans les nouvelles.

C : Comment cette dépendance se développe-t-elle?

R : Moi, j’ai bâti mon problème à partir de la masturbation compulsive lorsque j’étais jeune. Autant à travers les lectures érotiques, les danseuses, les catalogues Sears… C’était aussi l’objectivation de la femme dans ma tête.

À travers les photos, tout ce qu’on voit sur Internet, quand on imprègne ça dans notre cerveau, ça crée des pensées malsaines. En plus, ça commence de plus en plus jeune. Les jeunes en parlent, et cela crée des fantasmes, des scénarios ; le désir d’être désiré et d’être quelqu’un.

Mon psychologue me dit que je suis un « baiseur compulsif ». La seule affaire à laquelle je pensais, c’était d’avoir des relations sexuelles avec mon épouse. C’est pas bon, ça. Quand c’est rendu à ce point là, ce n’est même plus une relation intime, c’est rendu une relation d’objet sexuel et le désir d’être désiré par l’autre personne, d’aller chercher une satisfaction personnelle.

C : Comment ça se passe lors des rencontres de groupe?

R : Ce n’est pas une thérapie, ici. C’est un peu comparable aux Alcooliques Anonymes (AA). On y va un jour à la fois. Le fait que les gens peuvent partager et discuter avec des gens qui ont vécu la même chose, ça leur permet de se libérer de ça. La seule façon de s’en libérer, c’est d’arrêter complètement.

Par exemple, si je décide d’arrêter complètement la masturbation, mais que je continue d’aller rencontrer des prostituées, ça ne m’aidera pas, car je vais garder ces mauvaises habitudes. Il doit y avoir un sevrage de ces pensées inappropriées dans ma tête pour que je puisse arriver à avoir une relation intime et véritable avec mon épouse.

*Nom fictif

Afin de joindre les Sexoliques Anonymes, vous pouvez téléphoner au numéro suivant : 514-254-8181