Les semences de Manon Massé

(Crédit photo: Valérie Matazaud, Le Devoir)

La folie des dernières semaines est maintenant chose du passé. Oublions quelques instants ce torrent d’enjeux environnementaux, de médecins trop, mais jamais assez bien payés et d’épiceries à 75$ pour jeter un coup d’œil sur le vaste jardin  que Manon Massé nous a semé.  

On n’a pas arrêté de me dire que Québec Solidaire était un parti pour les jeunes, qu’il ne voyait pas clair et que voter pour eux, c’était rêver en couleurs. Et si c’était parce qu’on avait envie de rêver? Et si c’était en imaginant un monde meilleur, aussi improbable et coloré qu’il peut l’être, qu’on peut accomplir de grandes choses? Et si l’on avait besoin de Manon Massé pour nous donner envie de fleurir nos espoirs?

Quand les coureurs ont franchi la ligne d’arrivée, on pouvait voir des visages épuisés, froissés et pourtant, il en restait tant à dire. Puis, j’ai vu cette grande dame avancer au rythme de son cœur. C’était la même dame qu’avant son départ. La même dame avec les bras ouverts si grands qu’elle y accueillerait le monde entier s’il le voulait. La même dame qui nous dit qu’on n’a pas besoin de courage quand on croit fermement en nos convictions.   

Pendant que les doigts étaient pointés vers ses soi-disant lunettes roses, elle les troquait pour un regard qui invitait ces personnes à voir grand, le jour où ils seront prêts. Lundi, ces gens-là n’étaient pas prêts, mais ils savent qu’un jour elle serait là à les attendre, prête à cultiver nos idées les plus belles et les plus invraisemblables, tant qu’elles sont réalisables.

Manon nous a invités sur son beau grand  nuage, car elle a eu un murmure à l’oreille qui lui disait que ce n’est peut-être pas en gardant les deux pieds sur terre qu’on sème l’impossible. Oui, ça donne le vertige, ce genre de vertige qui nous fait lâcher la main de notre voisin parce qu’on a peur que notre petit univers s’effondre. Pardonne-nous si ces montagnes et ces immensités peuvent nous faire trembler, mais te voir avancer à petits pas de géant donne l’espoir que c’est possible de transformer un monde, si nous grimpons tous ensemble vers le sommet de nos idées en floraison.