Pourquoi j’ai aimé voir le pénis de Ben Affleck sur mon écran

Les Apparences est la version française de Gone Girl, écrit par Gillian Flynn en 2013. Le livre a été adapté à l’écran en 2014. Scénarisé par Flynn elle-même, il a été réalisé par David Fincher (Seven, Alien 3, Fight Club). L’intrigue prend place dans une petite ville du Missouri, en juillet 2012. Nick (Ben Affleck) et Amy Dunne (Rosamund Pike), couple marié, ont quitté New York après la perte d’emploi de Nick. À la suite du diagnostic de cancer de sa mère, le couple s’est installé dans la ville natale de ce dernier. Au matin de leur cinquième anniversaire de mariage, Amy se volatilise mystérieusement, et les circonstances et preuves entourant sa disparition nous font nous demander si le mari ne serait pas responsable de sa disparition. 

Durant la première partie du film, le spectateur n’en sait pas plus que les enquêteurs à savoir si Nick est coupable ou non. Se faisant très vite intrusive, l’enquête amène la vie privée du couple sur la place publique. Une importante campagne hypermédiatisée impliquant les parents d’Amy (auteurs à succès d’une série de livres pour enfants), les voisins et même — attention, spoiler — la maîtresse de Nick, est montrée dans l’espoir de faire revenir la fille chérie, la femme aimée, la voisine si gentille à la maison.  Présenté comme une satire des médias, les langues, souvent fourchues, se délient et entraînent l’époux dans une périlleuse campagne de blanchiment aux coeur de codes, d’image et de mascarade.  

À l’époque de mon visionnement, j’étais en secondaire 4 ou 5. J’avais 16-17 ans, les enjeux féministes n’étaient pas encore aussi d’actualité ou présents pour moi – du moins pas aussi trendy. C’était loin d’être la première fois que j’étais exposée à la nudité à l’écran, mais à celle d’un homme, oui. Je me suis dit « W-O-W ». J’ai repensé à la panoplie de films ou de séries que je connaissais, notamment celles de la chaîne télévisée américaine HBO reconnues pour ses scènes de nudité, au sein desquelles la poitrine d’une femme constitue toujours la « partie potentiellement osée » exposée à l’écran. En ce qui a trait aux hommes, ils étaient toujours de dos, on ne voyait que leurs fesses! Alors je me disais « Mais c’est injuste, nous voyons les seins ET les fesses des femmes, mais seulement les fesses des hommes! » Selon moi, le sexe féminin se retrouvait toujours plus exposé que le sexe masculin. Fincher, un homme de renommée, en a décidé autrement. 

La scène se passe sous la douche et est loin d’être sensuelle : Amy nettoie le sang qui la recouvre et raconte à Nick les évènements de son enlèvement jusqu’à sa réapparition dramatique — tout ça se révèle être un plan quelque peu (assez) machiavélique. Nick la rejoint et c’est à ce moment précis que nous pouvons apercevoir le pénis de Ben Affleck.

Cela a été fait d’une manière impeccable : ce n’était pas obscène, ce n’était pas pendant des ébats amoureux, le pénis aurait facilement pu être évité avec la classique prise de vue du postérieur de l’homme. Pourtant, Fincher  a poussé la caméra un peu plus loin au dernier moment. C’était à la fois discret, mais bien présent. Ma satisfaction était d’autant plus grande puisque le film a connu un bon succès et a été aussi bien reçu par la critique que par le public. 

Pour ma part, j’ai trouvé que cela rendait la femme et le mari égaux, l’actrice comme l’acteur, tout aussi nus devant la caméra. Évidemment, pour moi, ce détail venait également compléter les sujets mis de l’avant tout au long du film quant aux médias et à l’obsession de l’apparence. Comme quoi il n’est pas toujours nécessaire de faire une grosse déclaration : parfois, il faut simplement le glisser sous le nez des gens. En bout de ligne, cela peut démontrer qu’un pénis, ce n’est pas un si gros deal que ça. Bien qu’il s’en ait phallus de peu (hehe), quelques talk-shows l’ont remarqué et ont plaisanté avec la (maintenant ex-) femme de Ben, Jennifer Garner. Mais bon, les apparences sont parfois trompeuses, bigger is not always better

Élie Michaud-A.

Auteur Élie Michaud-A.

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