Le mythe de la frontière

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Crédit Photo: Festival de Cannes

Après Prisoners, après Enemy, vous pensiez être en reste ? Qu’à cela ne tienne : Denis Villeneuve frappe à nouveau avec un suspense saisissant intitulé Sicario. Cette fois, le réalisateur québécois nous emmène à la frontière des États-Unis et du Mexique, un territoire à feu et à sang où tous les coups sont permis.

« In Mexico, Sicario means hitman »

(Intertitre au tout début de Sicario)

Emily Blunt se glisse dans la peau de Kate Macer, une agente du FBI idéaliste qui s’enrôle dans un groupe d’intervention gouvernemental d’élite pour lutter contre un cartel de drogue sanguinaire. Kate est accompagnée de Matt (Josh Brolin) et d’Alejandro, un expert au passé sombre incarné par Benicio Del Toro. Rapidement, les illusions de Macer seront fracassées et elle sera ébranlée jusque dans ses convictions les plus profondes.

Dès la première scène, le spectateur est saisi à la gorge – la tension ne se relâchera pas avant la fin du film, deux heures plus tard. Denis Villeneuve démontre sa maîtrise dans l’art du suspense par la lenteur bien calculée du récit. L’ambiance est superbement complétée par une musique oppressante, sombre, sinistre.

Visuellement, Sicario capte l’attention avec de longs plans aériens des paysages désertiques et avec des plans à l’épaule, collés sur l’action. L’immersion est totale lorsque, à l’instar des personnages, la caméra porte des lentilles : une des meilleures scènes du film est tournée presque entièrement en vision nocturne.

Bien dirigés, les acteurs ont su ajouter à la crédibilité du long métrage par leur jeu subtil, très axé sur le langage non-verbal. Benicio Del Toro est particulièrement redoutable, intimidant par son seul regard. Les confrontations entre les personnages se font surtout par le regard (et la pointe du fusil), un élément que l’on retrouve habituellement dans les western.

Malgré un scénario un peu décevant par les attentes qu’il crée au départ, Sicario n’en demeure pas moins un film franchement divertissant. Mieux, il nous questionne sur nos limites en oblitérant la ligne entre ce qui est bien et ce qui est mal, entre ce qui doit être fait ou ne pas être fait. Rien n’est noir ou blanc.

La barre est maintenant très haute pour Denis Villeneuve, lui qui a reçu le mandat de réaliser la suite du film culte Bladerunner.

Note : 8,5/10

Sicario est présenté dans certaines salles de cinéma depuis le 25 septembre.

Il sera à l’affiche partout dès le 2 octobre.

Philippe Lemelin

Auteur Philippe Lemelin

Étudiant en journalisme, musicien et passionné de cinéma, Philippe est curieux de nature et friand de nouvelles découvertes.

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