Shakespeare, aussi éternel que nous le serons

(Crédit photo : Maxim Paré Fortin)

Présentée au théâtre La Chapelle, Nous serons éternels convie les spectateurs dans un voyage où les mots défient les époques. D’après les sonnets immortels de Shakespeare, la pièce explore nos questionnements qui basculent entre la pulsion de vivre et l’espoir que notre existence ait un sens pour quelqu’un quelque part.

C’est en plongeant dans l’oeuvre de Shakespeare que le metteur en scène, Patrick R. Lacharité, a voulu revisiter les enjeux qui traversent l’éternité. C’est en jonglant avec la douceur, la violence, l’humour et la poésie qu’il parle d’amour, de haine, de folie, de vie et de mort.

Dans une ambiance parfois mythique, parfois disjonctée, Nous serons éternels s’observe tel un enchaînement de séquences qui peuvent avoir, ou non, un sens entre elles. Dans tous les cas, elles voguent avec nostalgie entre ces siècles éloignés et la modernité. Les costumes de certains interprètes réfèrent au raffinement associé à l’époque du célèbre dramaturge, alors que les autres performent dans les habits derniers cris. Puis, les scènes défilent au rythme d’une musique qui permet de voyager à travers les siècles, et ce, le temps d’une chanson.

Au-delà de la sensibilité de la pièce, le spectateur se rappelle de la légèreté et de l’humour que laisse le célèbre poète derrière lui. Toutefois, la dizaine d’acteurs qui montent sur scène coupe le souffle à plusieurs moments. On garde d’ailleurs en mémoire un monologue joué jusqu’au dernier respire, comme un cri profond et incontrôlable.

«On va tous finir par mourir, tout ça ne sert à rien. Il faut juste faire de son mieux pour ne pas être une marde […] Rendu-là, on s’en câlice-tu de l’éternité! »
Si certains se demandent si les sonnets de Shakespeare ont toujours leur place dans nos théâtres, Patrick R.Lacharité invite avec délicatesse ceux qui veulent en rire et en pleurer. Nous serons éternels démontre comment sa poésie fait toujours échos jusqu’à nous, que toutes ces questions qui brûlent nos têtes et nos coeurs viennent de loin et iront loin.

Nina-Rose Cassivi

Auteur Nina-Rose Cassivi

Plus d'articles de Nina-Rose Cassivi

Laisser un commentaire