Purple Sea: angoissante confusion

Présenté du 26 novembre au 2 décembre dans le cadre des 23e Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), le film Purple Sea d’Amel Alkazout et de Khaled Abdulwahed raconte la bataille pour leur survie d’un groupe de migrants syriens après le chavirement de leur bateau au large de la Turquie.

Le chaos s’installe dès la première minute du récit, porté par les images abstraites et les narrations poétiques en arabe de la cinéaste Amel Alkazout. L’embarcation bondée de figures en gilets orange bascule dans la mer au son des cris et des coups de sifflet. La caméra plonge sous l’eau d’un bleu électrique, coupant les appels à l’aide de la surface. C’est là, entre les jambes anonymes et les vêtements ondulants des survivants, qu’elle passera la majeure partie du reste du film.

La plus grande force de l’œuvre est son authenticité: Amel Alkazout a capté elle-même toutes les séquences grâce à la caméra qu’elle avait fixée à son poignet pendant la traversée qui devait l’emmener en Europe. Au fil des narrations, elle retrace les événements qui ont mené à son départ à bord d’un bateau de migrants, mais s’imagine aussi un futur en compagnie de celui qu’elle tente de rejoindre en Allemagne.

Malgré un propos poignant et des prémices intéressantes, le film est plutôt ardu à visionner. Les narrations, peu nombreuses et évasives, peinent à donner plus de sens aux images, répétitives et longues. En rétrospective, on ne sait presque rien de celle qui porte la caméra ou de ceux qui nagent autour d’elle. Sans personne sur qui s’ancrer, il devient difficile de s’investir dans le récit au-delà de l’angoisse qu’inspire la tentative d’émigration échouée.

Compte tenu des conditions précaires dans lesquelles les séquences ont été captées, le visuel est chaotique au point d’être inintelligible, voire inconfortable à regarder. Conjugué au rythme lent et à l’absence de progression réelle dans l’histoire, on en arrive à la conclusion que Purple Sea, avec une durée de 67 minutes, aurait gagné à être beaucoup plus court. 

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Auteur Mathilde Cloutier

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