Please Thrill Me : la musique au secours du jeu

Crédit photo: Ludovic Rolland-Marcotte

L’auteur-compositeur-interprète albertin Sean Nicholas Savage présente Please Thrill Me au théâtre La Chapelle, sa première comédie musicale. Si la nervosité se fait parfois sentir chez les comédiens néophytes, l’aspect musical de la pièce reprend le dessus par sa splendeur.

Dans Please Thrill Me, on suit Jazz (Sean Nicholas Savage) qui se retrouve dans une ville étrangère où l’a amené un autre punk, Pop (Adam Byczkowski), et  rencontre d’autres âmes vagabondes. S’ensuivent plusieurs discussions sur des questions existentielles au cours desquelles Jazz tente de se découvrir.

La musicalité indie de Savage transperce son oeuvre et embarque le spectateur dans son monde décalé à chaque fois qu’une note sort de son corps. Le live band ajoute une proximité intéressante à la démarche de Savage ; l’atmosphère indie punk et des solos de saxophone plongent les spectateurs directement dans l’univers proposé. Cependant, les voix des autres comédiens ont parfois de la difficulté à s’approprier cet univers musical. La chanteuse Lulu Hughes réussit pourtant à éblouir les spectateurs dans un solo qui introduit efficacement son personnage (Rocky).

On s’attendrait peut-être à des interprétations plus assumées dans une mise en scène de la part de la comédienne Sophie Cadieux (qui, ici, se contente de réaliser l’oeuvre), mais il faut rappeler que tous les interprètes sont avant tout des artistes de la chanson et qu’ils et elles se sont littéralement prêtés au jeu pour participer au génie de Savage. Des tics nerveux pendant leurs performances empêchent les spectateurs de s’accrocher au texte parfois naïf, parfois philosophique du compositeur edmontonien. 

Ce dernier est d’ailleurs en marge de tous les autres alors qu’il joue gros avec son corps et son visage, ce qui fonctionne malgré tout, mais qui aurait eu plus d’impact si le niveau entre les interprètes était moins disparate. Le narrateur (Roland Pemberton) est plus juste dans son jeu, mais la pertinence de l’existence de son personnage peut parfois être remise en question. Somme toute, la musique et la performance de Sean Nicholas Savage valent le déplacement. Il serait par contre intéressant de recréer cette pièce avec des comédiens professionnels et de procéder à une script-édition au texte, qui mériterait une clarification sur ses intentions. Est-ce une parodie ou est-ce un amas de cliché? 

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