OASIS immersion : poussières de rêves

Qu’est-ce qu’Alexandra Stréliski et David Saint-Jacques ont-ils en commun ? Ils nous font voyager, chacun à leur manière. Ils nous transportent. C’est ce que nous propose Oasis immersion, grâce à un parcours déambulatoire entre les murs des Galeries du Palais, au Palais des Congrès de Montréal. L’exposition se déroule principalement dans trois pièces. Au sein de deux d’entre elles ont été élaborées et regroupées des galeries de vidéos et d’images qui nous permettent, entre autres, une excursion intime au cœur de l’univers des deux individus: une artiste, musicienne et compositrice d’un côté,  un scientifique et astronaute de l’autre. 

L’annonce d’une immersion accompagnée des mélodies de la pianiste québécoise est déjà gage de rêveries et de douceur. C’est l’atmosphère dans lequel pénètre l’auditoire. Une fois la première galerie qui nous introduit à l’exposition passée, une panoplie d’images se révèle à nos yeux. Alexandra Stréliski en concert, une lentille furtive qui l’accompagne dans son attente avant de monter sur scène et une autre vision de la pianiste qui déambule dans une pièce, fébrile. Des captations de David Saint-Jacques lors de son séjour aux confins de l’espace apparaissent et se superposent sur les visions de la musicienne. L’astronaute flotte dans sa capsule, coupé du monde. Bien qu’ils proviennent de deux mondes très différents, une certaine harmonie s’en dégage. Peut-être est-ce la solitude de ces moments où nous sommes sur le point d’accomplir quelque chose de grand. 

Un gadget nommé le Téléporteur est projeté sur les murs de la galerie. Lorsqu’il s’enclenche, les scènes se volatilisent et d’autres visions y apparaissent, venant accentuer l’idée de voyage. Les différents éléments que le public peut observer et entendre, dont Ode à la créativité québécoise de Sylvie Moreau, lui font comprendre que l’exposition n’existe pas seulement pour étaler l’étendue des talents des principaux intéressés, mais pour en ressortir quelque chose de plus grand, quelque chose de rassembleur. 

La troisième et dernière salle vient concrétiser cette intention alors qu’une projection d’Émile Roy apparaît sur les murs. Le jeune homme a créé et réalisé l’œuvre Éloge de la résilience et de l’action. Pour ce court documentaire, le réalisateur a eu recours à l’historien Laurent Turcot et à la professeure en psychologie Roxane de la Sablonnière, afin d’avoir leur opinion sur ce qui émerge des grandes crises comme celle que nous vivons actuellement. Entre archives, entrevues et commentaires, le public se retrouve au cœur de la manifestation pour le mouvement Black Lives Matters, où la solidarité et l’ardeur sont à l’honneur.. 

Cette galerie offrant elle aussi plusieurs segments visuels, le Transporteur fait suivre une animation simplement intitulée Alexandra Stréliski. Un personnage, crinière flottante et lunettes rondes, se promène parmi différentes formes rappelant les feuilles d’une jungle. Ceci vient compléter l’aspect ludique de l’exposition. D’autres éléments viennent ponctuer l’expérience dont  l’art de vivre danois, le hygge, qui fait référence à une atmosphère intime, à un état d’esprit positif et à la capacité à vivre dans le moment présent.

Le scientifique et astronaute David Saint-Jacques refait une apparition audiovisuelle et récite un texte sublime à travers lequel il décrit la poussière d’étoiles comme étant la composition primaire de tout être qui vit sur la Terre. Il continue en y exposant une idée presque enchanteresse : chaque rêve, réussite, ambition et découverte qui nous habite participent à forger les êtres que nous sommes. C’est ce qu’il décrit comme la poussière de rêve, seconde composante de tout un chacun. De cette façon, l’expérience OASIS immersion se ressent telle une odyssée audiovisuelle.  Il est curieux de se retrouver face à la solitude représentée d’autant de façons. Bien que la pandémie n’est pas terminée, constater les accomplissements qui se sont produits au cours de la dernière année nous donne l’impression que certaines épreuves,et certains exploits sont maintenant prêts à être racontés et remémorés. Un sentiment de réconfort se dégage de cette exposition; les images y résonnent d’une manière nouvelle.

Élie Michaud-A.

Auteur Élie Michaud-A.

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