Ni plus ni moins: Une belle soirée

(Crédit photo: https://simongouache.com)

Simon Gouache présentait pour la première fois son deuxième one-man show, Une belle soirée, le mardi 8 octobre au MTelus devant les médias montréalais. D’un professionnalisme méticuleux, il ne brise aucune convention qui le sort de l’ordinaire, mais réussit tout de même à capter l’attention d’un public qui a laissé échapper plusieurs rires francs durant le spectacle.

Dans Une belle soirée, l’humoriste  expose ses insécurités, comme son côté « hypocondriaque mécanique », son anxiété et les nombreux changements dans sa vie depuis qu’il a atteint la trentaine. Ce ne sont pas des sujets qui vont révolutionner l’humour, mais Gouache est suffisamment efficace et rodé pour garder l’attention du public tout au long du spectacle, en soutirant plusieurs rires et applaudissements bien mérités.

Dans une salle remplie de médias et de collègues humoristes, le gagnant de l’Olivier du numéro de l’année en 2018 pour « Le crossfit » a rapidement gagné l’auditoire grâce à son aisance évidente sur scène. Il se devait de le faire rapidement, car sa première partie, JC Surette, n’a pas été à la hauteur de l’événement. Visiblement nerveux, Surette a démarré la soirée avec des blagues faciles sur les stationnements à Montréal, le bouton snooze et son accent acadien. Il a tout de même su s’en tirer grâce à sa personnalité sympathique et ses anecdotes en tant qu’employé hôtelier, mais on sentait que le matériel s’étouffait et qu’il était grand temps que l’homme de la soirée arrive sur scène.

Gouache, qui a assuré les premières parties des deux dernières tournées de Louis-José Houde, contrastait par son air quasi-décontracté, qui laissait tout de même entrevoir la nervosité d’une première. Il semble être un humoriste respecté par ses pairs, et la présence de plusieurs générations d’humoristes en était la preuve : de la jeune vedette montante Charles Brunet (19 ans) à la légende Yvon Deschamps (84 ans), tous étaient présents pour soutenir et rire des gags chirurgicaux de Simon Gouache.

Méthodique et précis, celui qui a gradué de l’École nationale de l’humour en 2007 n’a presque jamais semblé hors de contrôle. Son spectacle est basé sur des procédés comiques relativement simples comme les callbacks, l’autodérision, le jeu physique et les changements de voix, qu’il maîtrise et assemble habilement. 

Avec ce second one-man show, Gouache arrive à maturité dans son humour, malgré une formule parfois immature qui atteint néanmoins la cible. Sa prestation aux Oliviers, en 2018, alors qu’il avait « embarré Korine Côté dans sa loge pour avoir du temps de télévision » montrait son désir de sortir de l’anonymat: c’est ce qu’il fait avec Une belle soirée. L’étiquette de « relève » ne peut assurément plus lui être attitrée.

Si Une belle soirée ne risque pas de recevoir de prix pour la créativité des textes, elle permet à la Révélation Juste pour rire 2014 de montrer ses talents d’orateur. Il est rare de voir un humoriste autant prendre son temps entre deux lignes, mais Gouache le fait avec une telle aisance que le public embarque. Son imitation de l’accent chicoutimien de sa tendre moitié introduit notamment l’un des meilleurs moments de la soirée.

Somme toute, si vous désirez assister à un spectacle d’humour fiable qui vous fera rire tout en restant dans les convention du stand-up classique, ce spectacle est pour vous.

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