Mix Tape B : une compilation artistique intime et réconfortante

Crédits photo: Claudia Chan Tak

Le 21 octobre dernier, le Festival Phénomena a rempli la charmante Sala Rossa de musique, de danse et d’images avec Mix Tape B, un spectacle interdisciplinaire sous la direction de l’artiste pluridisciplinaire et commissaire à la diversité du festival, Claudia Chan Tak. Phénomena, qui promeut l’expérimentation artistique, fêtait ses dix ans cette année.

L’événement regroupait quatre artistes d’horizons différents qui n’ont jamais collaboré afin de livrer une prestation inattendue valorisant leurs parcours respectifs. En première partie, le public a pu apprécier la douce musique de la chanteuse Brenda Freyle. Profitant de l’occasion pour rendre hommage aux chanteuses latino-américaines, l’artiste d’origine colombienne a repris les airs de grandes figures comme Violeta Parra et Susana Baca, avant de finir en partageant ses propres compositions. Accompagnée d’une guitare berçante et de percussions envoûtantes, Brenda Freyle a réussi à transmettre avec chaleur l’intimité des paroles chantées.

En deuxième partie, Justin de Luna, Ford Mckeown Larose et Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo ont présenté une chorégraphie née d’un travail collaboratif sous le thème de la reconnaissance. Tous deux danseurs et chorégraphes, Justin de Luna et Ford Mckeown Larose se sont abandonnés sur scène au moyen de chorégraphies contemplatives. Kijâtai-Alexandra Veillette-Cheezo s’est joint·e à la danse, mais l’a aussi agrémentée d’une création vidéo projetée en simultané. Cette dernière présentait les témoignages des trois artistes sur leur relation à leur corps et à leur chez-soi, créant un espace vulnérable auquel le public a pu se rattacher.

Bien que les chorégraphies aient parfois mis du temps à se déployer, leurs détails et leur authenticité étaient appréciés. Les sentiments de réconfort et d’intimité générés par les prestations ont également été favorisés par les jeux de lumière et l’aménagement de la salle. Celle-ci, bien remplie, était parsemée de chandeliers et de vieux abats-jours. Elle donnait ainsi l’impression de se trouver dans une maison, ajoutant au spectacle une facette immersive.

Touchant et inusité, Mix Tape B a rallié plusieurs mondes pour créer un produit fidèle aux artistes l’ayant élaboré. On ne peut qu’espérer des spectacles tout aussi réussis pour la prochaine édition du Festival Phénomena.

Simon Rheault-Hébert

Auteur Simon Rheault-Hébert

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