La lutte quotidienne des guérillas de l’ordinaire

Un groupe d’individus ordinaires est rassemblé au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal, pour une vigile. Une femme, militante, dont la vie fragmentée se dévoile à mesure que des gens de son passé lui rendent hommage, est disparue.

Les personnes présentes se connaissent ou ne se connaissent pas : seule la mémoire de Claude les unit à cet instant même. D’une manière ou d’une autre, le passage de la femme dans leur vie aura laissé une marque dans leur esprit, comme quoi le mouvement féministe en est un qui rassemble tous et n’importe qui.

Ainsi ai-je interprété Guérilla de l’ordinaire, une œuvre à la fois drôle et poignante. D’un humour habile, la pièce dénonce les formes de sexisme les plus normalisées.

« C’est une joke, come on ».

Je n’irai pas plus loin au sujet du récit lui-même, car selon moi, c’est un message qui vaut la peine d’être transmis tel que les autrices ont voulu le faire. En effet, Guérilla de l’ordinaire nous offre une histoire dans la proximité et l’intimité. On franchit le quatrième mur dès le début, car en fait, la salle de représentation se trouve à être l’endroit où la vigile a lieu. À un moment, un miroir se rabat en plongée sur le public, de sorte que celui-ci n’ait d’autre choix que d’assumer sa présence à l’hommage et d’être témoin de l’histoire de Claude et de celle de son entourage profondément affecté.

Finalement, je tiens à souligner le souci de la production pour la diversité des acteurs. Avec la mise en scène, ce sont des facteurs qui contribuent au réalisme et à l’impact de l’œuvre sur nous.

Un décor plausible, une vraie représentation de gens ordinaires, un enjeu réel, et pourtant, une histoire fictive.

Guérilla de l’ordinaire sera présenté au Centre du théâtre d’aujourd’hui du 5 au 23 mars 2019 et il y aura 3 supplémentaires jusqu’au 28 mars 2019.

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