La marée qui m’a transportée

(Crédit Photo: « Marées » de Juliette Granger)

Mercredi dernier, soit le 10 octobre 2018,

je me suis assise dans une salle de cinéma,

et je me suis retrouvée avec le bout des orteils chatouillé par des grains de sable.

J’ai fixé mon regard sur un grand écran,

et c’est la mer qui déferlait à l’horizon.

L’air conditionné de la salle nous refroidissait l’échine,

et j’ai cru que c’était la brise froide d’automne en bordure de mer que je ressentais.

Mercredi dernier,

je me suis retrouvée en Gaspésie,

mais j’étais ici, à Montréal.

Et ça m’a fait du bien.  

Tout ça grâce à la talentueuse Juliette Granger, qui a réalisé un film hypnotique nommé «Marées». C’est comme si elle faisait une déclaration d’amour à ce magnifique lieu qu’est la Gaspésie en nous montrant les différentes humeurs de la mer et du fleuve qui l’entourent. La réalisatrice pose un regard singulier sur cette région et nous présente ses habitants comme étant ceux qui portent en leur coeur l’essence de la Gaspésie: se nourrir de la mer tout en ayant un immense respect pour elle.

Ainsi, par la douceur et la lenteur, elle permet au spectateur de s’évader pour aller contempler la mer. Et le mot clé est là : contempler. Son film n’est pas une critique de la société ni une leçon que l’on se doit de recevoir. C’est plutôt la force d’une conception sonore admirable mélangée avec de magnifiques images qui nous transportent dans un stimulus de sensation. Pendant les vingt-deux minutes de la présentation, la magie du montage et du monde sonore nous permet de nous laisser absorber par cet univers. Et tout cela fonctionne à merveille.

Lorsque la caméra se fait emporter par la mer, elle nous emporte avec elle.

Lorsque l’artiste autochtone chante dans sa langue maternelle, c’est nous aussi qui chantons.

Bref, retenez ce nom : Juliette Granger. Cette bachelière en cinéma à l’UQAM n’a pas terminé de faire parler d’elle. Nous risquons fortement de replonger dans son univers prochainement.

Karolane Brochu-Ouellet

Auteur Karolane Brochu-Ouellet

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