Klô Pelgag: un enchantement virtuel

Samedi 30 novembre, la chanteuse Klô Pelgag proposait la toute première prestation live de son dernier album Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, en direct de la salle Raoul-Jobin à Québec.

Diffusé en direct et disponible en rediffusion jusqu’au 5 décembre à minuit, le spectacle s’est donné sous la lentille de nombreuses caméras. Filmant la scène dans son ensemble mais offrant également une impression de proximité, le format vidéo permettait une approche singulière attirant l’attention non seulement sur la chanteuse, mais aussi sur la virtuosité des musicienn.e.s qui l’accompagnaient.

Un album joliment anachronique

Avec une maîtrise totale de sa voix et des notes qui montent toujours plus haut, la chanteuse déambule sur la scène, presque lasse, ensorcelant son public virtuel avec poésie. Le spectre de sa musique s’étend de la chanson douce aux airs de comptine à des mélodies effrénées au synthétiseur, d’angélique à psychédélique.

Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est le troisième album de la chanteuse. Sorti en juin 2020, il mélange le caractère électrique du clavier et de la guitare à des consonances presque religieuses. Klô Pelgag exerce avec brio des acrobaties vocales surprenantes et son groupe harmonise avec justesse. Le tout donne cette impression d’entendre une chorale aux influences pop/rock.

Une prestation intimiste

En contraste avec ses clips vidéo colorés et loufoques, dans lesquels le visuel est très travaillé, le concert se passe d’artifices. L’ambiance est minimaliste et se concentre sur la chanteuse et les quatre personnes qui l’accompagnent, perdu.e.s au milieu de cette grande salle où le public manque à l’appel. Klô Pelgag, de son vrai nom Chloé Pelletier-Gagnon, arbore un ensemble de travail orange vif strié de bandes réfléchissantes, qui nous ancre tout de même dans son univers à la fois absurde et profondément honnête.

Entre certains morceaux, l’artiste s’adresse timidement à son public. On ressent un certain malaise attendrissant quand elle tente quelques traits d’humour sans rires ou retours possibles. Elle utilise une mise en scène miniature de l’installation du concert pour présenter son équipe avec comédie, pointant du doigt les figurines à l’effigie de son équipe.

Dans l’ensemble, c’est un spectacle très réussi qui aurait néanmoins mérité un effort supplémentaire sur le plan visuel, pour offrir à l’auditoire un élément exclusif, une valeur ajoutée à l’album.

Avatar

Auteur Marius Gellner

Plus d'articles de Marius Gellner

Laisser un commentaire