J’appelle mes frères

Un acte terroriste sème la panique en ville. Des explosions, à ce qu’ils ont entendu dire aux nouvelles. Une voiture piégée dans l’explosion. Le monde entier en parle.

C’est le chaos sur scène.

Du côté des spectateurs dans la salle, la crainte est palpable.

C’est ainsi que la pièce J’appelle mes frères commence, sur les planches de la Maison de la culture du Mont-Royal, à la veille de sa première représentation publique.

Debout sur scène se trouve Amor, le personnage central de l’histoire. Il reçoit des coups de téléphone de ses proches. Il apprend ce qui s’est passé, en ville. Bouleversé, il ne sait pas quoi faire, comment réagir.

Tout au long de l’acte, les spectateurs suivent l’évolution des pensées d’Amor et de ses amis face aux événements.

J’appelle mes frères illustre avec brio la question de l’identité dans un monde où le regard des autres la remettent en cause.

En tant que minorité, est-il préférable de faire profil bas, pendant quelque temps? Ou plutôt se montrer au grand jour? Ou bien faire du bruit, déranger, s’imposer au reste du monde? Comment agir avec les policiers? Les piétons dans la rue? Soi-même?

L’auteur de la pièce, Jonas Hassen Khemiri, s’attaque principalement aux questions des sentiments d’exclusion et de l’appartenance culturelle. Quoi de plus actuel, dans une société qui s’interroge de plus en plus sur le « vivre ensemble »?

Malgré les nombreux fous rires dans la salle, la pièce reste tragique et pousse les réflexions à un autre niveau. Le rythme hâtif des répliques qui s’entrecoupent garde les spectateurs en haleine du début jusqu’à la fin. L’excellent jeu des acteurs est également à souligner, immergeant le public dans une expérience réaliste et touchante.

J’appelle mes frères est une excellente pièce de théâtre, constituant un véritable casse-tête, permettant à l’auditoire de ne comprendre l’histoire qu’à la toute dernière réplique.

Les lumières se sont éteintes, et visiblement, le public était enchanté par ce qu’il venait de voir, rappelant les comédiens sur scène avec ses applaudissements incessants.

Les représentations ont lieu jusqu’au 3 mai.

Adieu ma GM
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