Découvrir le Laos sous toutes ses formes avec Les Grands Explorateurs

Photo: Les Grands Explorateurs

Le dernier film du documentariste français Patrick Moreau, Laos: au cœur de l’Asie du Sud-Est, dresse un portrait fascinant de ce pays méconnu. Il a accepté de nous rencontrer suite à la projection de son film, le 25 janvier dernier, à la salle Pierre-Mercure.

Connaissant bien l’Asie du Sud-Est, Patrick Moreau avait quelques idées en tête avant de débuter le tournage. « J’étais allé [au Laos] il y a 25 ans , j’avais fait un film sur le Mékong, donc je connaissais déjà le pays. J’y étais retourné il y a 10 ans et donc je savais ce que j’allais pouvoir faire », confie-t-il. Toutefois, c’est en se rendant sur les lieux que le tout a pris forme. « Parfois, je n’ai pas pu faire quelque chose que je prévoyais faire pour différentes raisons », se désole-t-il. Par contre, ces imprévus n’ont pas tous été négatifs : « Quand je me suis déplacé, j’ai vu des scènes, j’ai rencontré des gens qui m’ont parlé de quelque chose que je n’avais pas eu forcément l’intention de faire, et puis que j’ai finalement fait parce que je trouvais que c’était intéressant de filmer telle ou telle scène ».

 

Photo: Les Grands Explorateurs

Les scènes que le voyageur a filmées sont des plus variées : des paysages enchanteurs du Mékong, ce fleuve qui traverse le pays, aux découvertes gastronomiques, telles que le riz gluant et les insectes comestibles, en passant par les mythes religieux bouddhistes, le réalisateur a su capter les nombreux aspects de la vie quotidienne d’un pays qui, malgré sa modernisation imminente, conserve un aspect rural.

Autre aspect intéressant : la première partie du film suit l’organisme sans but lucratif Handicap, qui a pour mission de déminer le sol du pays. En effet, le Laos a été grandement affecté par la guerre menée par les États-Unis de 1955 à 1975 au pays voisin, le Vietnam. En revanche, les Laotiens se sont parfois accommodés de cette réalité, construisant, par exemple, des pirogues à partir de réservoirs d’essence d’avions américains scindés en deux.

Ces images inédites amènent le spectateur aux premières loges de ce pays aux milles surprises. Pour les recueillir, le documentariste a dû se rapprocher et intégrer la population locale. Pour ce faire, il a employé le même moyen de transport que celle-ci, la moto, ce qui lui a permis de réduire la distance culturelle (et physique) qui le séparait des Laotiens. « J’avais moins de distance avec les villageois en arrivant en moto. […] Quand on arrive en moto, on circule comme eux », explique-t-il.

De plus, il était important pour le cinéaste d’être accepté par ses hôtes avant de commencer à filmer. « Quand j’arrive, je sors mon carnet de croquis, puis je dessine, je laisse tout mon matériel de côté, je ne sors pas mes caméras. Et quand les gens s’habituent un petit peu à ma présence, quand j’ai établi des contacts avec les gens, je sors mes caméras et je filme les scènes qui sont intéressantes ». Cette activité lui a permis d’attirer la curiosité des habitants locaux : « Les gens viennent voir ce que je fais, les gamins viennent voir mes croquis, quand je fais un dessin je le donne à une vielle dame qui est sur le pas de sa maison, ça crée un lien avec les villageois », illustre-t-il.

Durant la présentation, qui dure près de deux heures, Patrick Moreau narre le film en direct. C’est la façon de faire de la série Les Grands Explorateurs, qui permet au réalisateur de présenter sa démarche créative sur place et de répondre aux questions du public à l’entracte. Aux dires du principal intéressé, cette méthode permet d’ajouter à l’expérience. « Je pense que c’est une bonne chose parce que si on avait un commentaire enregistré, finalement, ce serait comme les films que peuvent déjà voir les gens dans leurs postes de télé », conclut-il.

 

Laos: au coeur de l’Asie du Sud-Est est présenté le 27 et 28 Janvier à la salle Pierre-Mercure et tout l’hiver dans différentes salles du Québec. L’horaire complet des présentations se retrouve sur le site web des Grands Explorateurs.