Clean Slate: se choisir au-delà des conventions

(Crédit photo: Maxime Côté)

Clean Slate est une traduction du français à l’anglais de la pièce déjà très appréciée Table rase. Le Talisman Theater a pour but de rendre accessible en anglais des pièces contemporaines québécoises et c’est ce qu’ils ont fait avec Clean Slate. Le résultat de cette traduction est très authentique et vibrant.

C’est au Théâtre La Chapelle que je me suis rendue lundi dernier, sans trop d’attentes, afin d’assister à cette représentation qui reflète notre propre existence à nous, femmes milléniales. À l’intérieur de chaque personnage on y retrouve un peu de soi, de petites parcelles de nos espoirs, nos rêves et nos angoisses. La pièce traite de la place des femmes, de la manière d’exprimer notre sexualité, du sens de nos vies et des relations que nous entretenons. Assister à cette oeuvre équivaut à se regarder, à s’entendre et à peut-être même mieux se comprendre; se comprendre mieux soi-même, mais aussi comprendre davantage celles qui nous entourent. On y parle principalement de sexualité. En effet, une bonne partie de celle-ci illustre et exprime notre place sexuellement et notre réappropriation sexuelle au sein de notre génération. Il y est notamment question de vie et de mort, mais surtout d’amour et de solidarité féminine.

Le tout débute dans une salle sombre, dépourvue de décor; que de simples planches de bois apposées contre les trois murs se présentent devant les spectateurs. Alors que l’ombre laisse place à un éclairage encore intime, un espace se crée devant nous. Les six femmes, protagonistes de la pièce, transforment à l’aide des planches – qui au départ semblent banales – leur lieu de jeux. Nous les retrouvons alors dans ce qui semble être une maison lointaine, un chalet, où elles ont décidé de s’exiler afin de se rassembler et de faire table rase, de repartir à zéro.

Au milieu de l’endroit se trouve une table et six chaises où elles s’assoient comme nous le faisons lorsque l’on se retrouve entre amies afin de se vider le coeur et de discuter de nos vies. Six cellulaires sont intégrés au décor, sur la table ou dans leurs mains, en guise de verres de vin de ou bière. Des planches toujours adossées aux murs sont identifiées: certaines d’entre elles ravivent des émotions comme l’anxiété, d’autres sont des noms de personnes que les femmes évoquent lors de leurs échanges et certaines représentent des objets. L’éclairage y est utilisé afin de projeter des formes sur la table et un texte au plafond à la toute fin de la pièce. Le décor, bien qu’il soit simpliste et dématérialisé, nous transmet l’importance du discours énoncé par ce récit théâtral.

Au fur et à mesure que les verres s’enchaînent, les discussions sont de plus en plus profondes et vibrantes. Les six femmes engagent des dialogues tous plus poignants les uns que les autres, leurs réflexions reflètent notre réalité et ne manquent surtout pas de nous prendre aux tripes. Clean slate est le reflet du bouleversement des valeurs des générations antérieures. Ces femmes expriment le désir de se réapproprier leur vie, d’en faire ce qu’elles veulent, d’en être les propres auteures et de vivre ou non selon les conventions.

Je recommande cette pièce à tous et à toutes, et surtout à celles qui ressentent le besoin de faire table rase et de remettre en question la façon dont elles envisagent leur vie.

Clean Slate est présentée au Théâtre La Chapelle jusqu’au 30 mars.


Alexane Anglehart

Auteur Alexane Anglehart

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