Le Chemin des Passes-Dangereuses: On n’est pas sortis du bois

Crédit photo: Caroline Laberge

Le Chemin des Passes-Dangereuses nous mène vers un drame familial complexe, qui nous fera parfois rire, parfois pleurer.

Une immense structure est postée sur la scène du théâtre Jean-Duceppe. Lorsque les projecteurs illuminent la scène, on découvre trois hommes sont couchés sur une route délabrée.

Ils viennent tout juste d’avoir un accident de voiture. Tous les trois à l’agonie, ils paniquent. Malgré leurs dialogues, leurs interactions, ils n’interprètent pas les événements qui leurs arrivent de la même manière. Carl (Félix-Antoine Duval) jure avoir marché des heures après l’accident. Ambroise (Maxime Denommée), son cadet, lui assure qu’il n’a pas bougé. De plus, on ne s’entend pas sur l’heure qu’il est. Ambroise assure qu’il est tôt le matin, alors que Carl affirme qu’on est en début de l’après-midi. Victor (Alexandre Goyette), leur aîné, garantit qu’il est sept heures du soir.

Tout au long de la pièce s’entrechoquent des visions, des réalités différentes. Ces perceptions contradictoires trouvent également écho dans les dialogues touchants entre trois frères que tout sépare : Ambroise, l’homosexuel vendeur d’art dont le compagnon est atteint du SIDA, Carl, qui devait se marier ce jour-là, satisfait de sa petite vie de banlieue et de son emploi au Costco,  Victor, le planteur d’arbre du Lac-Saint-Jean, homme à femmes, pour qui le bonheur réside en une partie de pêche et une caisse de bière.

Plutôt que de s’atteler à régler leurs ennuis immédiats, les trois frères ouvrent les blessures du passé qui ont toujours miné leur famille, en commençant par leur père, poète alcoolique, mort lorsqu’ils étaient encore que des adolescents. À fleur de peau, ils pleurent, rient, se battent, se réconfortent…  

Pendant environ une heure quinze, sans entracte, les trois acteurs livrent une performance solide. Félix-Antoine Duval, hésitant lors de quelques répliques au début du spectacle, se ressaisit après quelques minutes et réussit à atteindre le niveau impeccable d’Alexandre Goyette et de Maxime Denommée.

Comme spectateur, dur de comprendre ce qui se passe vraiment. En l’absence d’un narrateur ou d’indices visuels, on doit se fier aux perceptions contradictoires des personnages. Au fil de la représentation, on réalise que quelque chose de beaucoup plus sinistre se cache derrière cet accident qui semble, à première vue, banal…

Le Chemin des Passes-Dangereuses est présenté jusqu’au 24 mars au Théâtre Jean-Duceppe.

Laisser un commentaire