Charli XCX au Théâtre Corona : consécration de l’ultime «party girl»

Crédit photo: Emmanuel Gagné

Après les mixtapes Number One Angel et Pop 2, quelques simples çà et là et une poignée de spectacles impromptus offerts par la chanteuse anglaise Charli XCX au cours des dernières années, son plus récent opus, Charli, représente certainement un retour vers une carrière musicale plus conventionnelle et, idéalement, plus fructueuse. 

Paru cinq ans après son dernier album, Sucker, Charli est accompagné par l’annonce d’une tournée internationale : la première que l’artiste entame depuis la Number One Angel Tour qui ne comportait que quatre dates. La pression est donc très forte lorsqu’elle monte sur les planches du Théâtre Corona à Montréal, ville qu’elle n’a pas visitée depuis 2014.

C’est Allie X, chanteuse pop torontoise, qui ouvre le bal. Seule artiste invitée de la tournée avec laquelle Charli XCX n’a jamais collaboré, une bonne partie de l’audience ne la connaît pas ou peu. Lorsqu’elle arrive au théâtre par la porte principale, croisant ainsi une cinquantaine de fans faisant la file à l’extérieur, seuls quelques-uns la reconnaissent. Cette dernière ne se laisse cependant pas intimider par un public qui reste à séduire, et livre une performance impressionnante. Malgré son apparence frêle et innocente, que la jaquette de nuit immaculée qu’elle porte ne fait certainement qu’amplifier, la chanteuse s’impose sur scène grâce à sa voix puissante et son indéniable talent d’interprète. Ses chansons plus connues, notamment Casanova et Old Habits Die Hard, que tout individu ayant compulsivement utilisé Tumblr entre 2016 et 2017 connaît, aident aussi Allie X à conquérir la foule, qui n’oubliera assurément pas son visage de sitôt.

Vient ensuite le tour de Charli XCX de faire son apparition. Dès les premières notes de Next Level Charli, chanson qu’elle dit avoir écrite en cadeau à ses fans les plus fidèles, la salle est instantanément remplie d’une énergie frénétique et euphorique – de laquelle les effluves résiduelles de poppers ne sont qu’en partie responsables – qui ne s’estompera qu’à la toute fin du spectacle. La foule est momentanément en symbiose parfaite avec la musique, sautant au rythme frénétique de I Got It, puis se balançant doucement sur la ballade Official, dirigée par la chanteuse, qui devient l’unique et inépuisable source d’une force mystique enivrante et contagieuse. 

C’est avec Shake It que la soirée atteint son climax, alors que Charli confie la scène à des drags queens locales pour l’aider à rendre justice à l’une des chansons les plus ambitieuses de son catalogue. Denim Pussy, Pythia, Fawn Darling et Matante Alex livrent une performance aussi chaotique qu’inoubliable, qui laisse la musicienne tout aussi bouche bée que le public. Matante Alex fait particulièrement bonne impression alors qu’elle enchaîne pirouettes et changements de coiffure improbables, ce qui vaut à sa chorégraphie d’être partagée dans son intégralité sur le compte Instagram de Charli XCX.  

Le spectacle se termine après un rappel généreux, que le public réclame goulûment. La foule se disperse peu à peu, mais l’atmosphère de fête, elle, reste. La salle en est imbibée, comme l’est chacun des membres de l’assistance. La soirée ne fait que commencer.

Cyril Émond-Savard

Auteur Cyril Émond-Savard

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