Antigone, un récit hellénique réédifié

La tragédie d’Antigone; nonobstant le classique de la tragédie grecque, le visuel et l’auditif de la pièce de théâtre sont hautement recherchés, ce qui dépeint une oeuvre captivante.

C’est le 31 janvier dernier que j’ai eu la chance d’assister à la pièce de théâtre Antigone, dirigée par Anton Golikov et présentée au Westmount Park. Dans une église admirable aux plafonds hauts, nous avons été accueillis cordialement avec un service de café chaud et de baklava, si nous le souhaitions.

Qu’avec un bleu glacial projeté sur les murs, c’est dans une noirceur presque absolue que l’on nous assigne nos sièges. Assis devant la scène, d’où l’on peut discerner quelques objets du décor, nous entendions une musique rythmée, jouée par un groupe de musiciens situé à la gauche de celle-ci, qui nous plonge en plein suspense. Un doux mélange de basse, de percussion et de harpe charme nos oreilles durant l’attente de la représentation.

Les vingt heures sonnent et le début de la pièce de théâtre est frappant. Une fois les projecteurs allumés, la mise en scène révèle un dialogue riche en émotion, joué par deux comédiennes de grand talent: Alison Louder ainsi que Albane Sofia Chateau. L’histoire caractérise une tragédie grecque où une femme s’imposera contre l’État, uniquement dirigée par le sexe opposé. Malgré le thème classique de la rébellion féminine que raconte l’œuvre, le visuel est généralement très bien exploité, attirant l’attention du spectateur durant l’heure et demie de la performance.

Une caractéristique qui enjolive la pièce est le mouvement dans le jeu des acteurs. En fait, tout au long du déroulement, le jeu se déplace dans tous les coins de l’église, parfois très près du spectateur, l’intégrant au sein de la pièce. À cet aspect s’ajoute l’harmonie des différents instruments de musique créant un mélange pittoresque. Tout au long de l’œuvre, le déplacement des scènes et des actions se fait dans une transition harmonieuse, nous laissant oublier, par moment, que notre regard se pose à l’antipode de la scène principale.

La pièce de théâtre Antigone demeure une œuvre très bien travaillée. À défaut de raconter une histoire courante, l’abord de l’œuvre se démarque par le maniement du visuel et de l’auditif, laissant le spectateur séduit.