Une Année Record, un record qui va défaire des records.

Le rappeur montréalais Loud frappe fort avec un premier album solo hautement diversifié, tant au niveau des sujets abordés que des sonorités.

En plus de thèmes classiques associés au rap : le succès, l’argent, les femmes, Loud revient entre autres sur la séparation de son groupe Loud Lary Ajust (LLA), sur la peur de d’échouer, sur la nostalgie, tout ça avec un flow diversifié et toujours maîtrisé parfaitement.

Entièrement produit par Ajust (LLA), Ruffsound (LLA, Koriass) et Realmind, Une Année Record est somme toute un projet assez court, les 10 chansons ne totalisant que 37 minutes. Cela n’empêche pas les beats d’aller dans tous les sens, un vent de fraîcheur à une époque où les sonorités trap dominent le genre, aussi bien en France qu’aux États-Unis. On remarque des évolutions et des variations dans les mélodies et rythmes à l’intérieur même de chaque chanson. Chaque track défie l’oreille et s’améliore au fil des écoutes.

La guitare acoustique utilisée dans Devenir immortel ou encore la ligne de basse d’ Hell, What A View sont enivrantes.  Les touches de pianos sont aussi omniprésentes tout au long de l’album, que ce soit sur le feel-good Nouveaux riches, ou sur la piste de clôture Une année record. Loud pose même pour la première fois sur un instrumental afro-caribéen dans Toutes les femmes savent danser, une prise de risque complètement réussie. On retrouve aussi quelques bangers, notamment SWG avec Lary Kidd, ancien acolyte du rappeur, ou On My Life toujours avec Lary, ainsi qu’avec 20Some des Dead Obies, qui balance un couplet retentissant. On My Life est malheureusement énormément inspiré du succès Bodak Yellow de la rappeuse américaine Cardi B, tant au niveau de l’instrumental que du refrain. Dommage.

La force principale de Loud reste à mon sens son écriture formidablement élaborée. Des métaphores, des doubles voire des triples sens et une façon hypnotisante de manier les rimes.

Ma ligne favorite: Deux vies j’aurai vécu, la deuxième commence le jour où j’ai compris qu’j’en avais rien qu’une. De plus, les références aux classiques du genre sauront plaire aux amateurs: Quand tu allais on revenait / Demain c’est loin on est déjà là-bas (IAM), H to the izzle / B jusqu’au 2 O (Jay-Z, Booba), Enterrez moi sur du Prodigy (Mobb Deep), etc.

Avec cet excellent album, Loud solidifie sa place comme pilier du rap jeu québécois et devient un candidat très sérieux au titre de meilleur rappeur de la province.

 

Chansons préférées: TTTTT, Devenir immortel, Toutes les femmes savent danser, Hell, What A View.

Chansons décevantes: SWG, On My Life. (Malgré que ce soit les deux chansons avec Lary Kidd m’ait laissé sur mon appétit, ce n’est pas sa présence qui m’a dérangé. C’est plutôt la performance plus faible de Loud ainsi que des beats manquant d’originalité).

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