Sac d’os et grand verre de lait

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Crédit photo : Quitterie Dufour

J’entre un peu perplexe au Théâtre Rialto, situé dans notre emblématique Mile End, un soir de novembre. Je me retrouve à deux mètres à peine de la scène, parmi la foule. Dans ce décor limite victorien, le public montréalais ben artsy, vêtu de noir, une bonne bière à la main, se prépare à larrivée de Milk & Bone. Le duo montréalais de Camille Poliquin et de Laurence Lafond-Beaulne est attendu pour le 10e anniversaire du festival M pour Montréal. 

À la suite du passage du beau, mais surtout du bon Elliot Maginot, je la crave ma synthpop. Elles arrivent, modestes, et déposent délicatement leurs doigts sur les touches du clavier. Le premier son retentit. On fait le plongeon, puis on émerge. Tout est sombre et elles nous font flotter dans ce décor royal. Je me perds dans les montagnes qui défilent derrière elles à toute allure. Im cool with that. C’est terne, pis c’est beau. Les filles sont en symbiose et le travail artistique qui les accompagne est hypnotisant (mention spéciale à Marie-Soleil Denault pour son graphisme hallucinant). Elles débutent en toute légèreté avec Elephant, puis enchaînent avec d’autres classiques, tels Pressure, Coconut water et Watch. Tout l’album «Little Mourning» y passe et on en devient encore plus accro. Quarante-cinq minutes semblent en être deux. À la fin de leur show, les interprètes de Milk & Bone fondent en larmes devant les interminables louanges qu’on leur adresse. Avant de sortir de scène, elles prennent le temps de souhaiter un joyeux anniversaire aux organisateurs du festival M pour Montréal, qui les ont propulsées, quelques années plus tôt.

Décidément, ce que Montréal fait de mieux, ce sont ses artistes.

Quitterie Dufour

Auteur Quitterie Dufour

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