L’incontournable : Variations sur un temps

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La pièce Variations sur un temps, présentée au Théâtre de Quat’Sous tout au long du mois d’octobre, ne laissait pas son public indifférent. Même les plus maussades témoins de cette comédie en ressortaient débordants d’énergie. 

C’est d’entrée de jeu la mise en scène d’Éric Jean qui charme. Explosif, sans temps mort, le spectacle captive l’auditoire. Les acteurs, – Anne-Élisabeth Bossé, Émilie Bibeau, Geneviève Schmidt, Daniel Parent, Mani Soleymanlou et Simon Lacroix -,  ont une heure 14 minutes et 56 secondes, chaque soir, pour le réaliser. Et ils y parviennent, tellement ce dernier est bien rythmé.

Variations sur un temps, c’est 5 courtes pièces de David Ives défilant l’une à la suite de l’autre et explorant plusieurs facettes du quotidien. On y parle de cloisonnement dans une vie que l’on ne veut pas avoir ou encore des difficultés liées aux relations amoureuses. Alors qu’elles nous accablent habituellement, les situations présentées dans la pièce font rire à en pleurer. Et le plus beau, c’est que tout le monde y trouve son compte, puisque toutes les tranches d’âges sont représentées dans la création. La pièce Mini-Putt met d’ailleurs au jour le fait qu’il y a bien peu de différences entre cruiser à vingt ou à cinquante ans.

Ce qui est d’autant plus fascinant, c’est l’ingéniosité d’Éric Jean, qui a réussi à faire de ce spectacle composé de 5 parties complètement distinctes un tout cohérent. Impossible de s’y perdre. On a l’impression d’être dans une course à relais. D’une pièce à l’autre, les acteurs présents sur les planches font place à ceux restés en coulisse et ainsi de suite. La chimie entre les comédiens, qui livrent un travail d’équipe que l’on est pas habitués de voir sur scène, est palpable.  Il ne faudrait pas non plus passer sous silence la qualité de la performance des acteurs, qui transporte le spectateur d’une histoire à l’autre sans perdre une seconde de son attention.

En amorce, Éric Jean a choisi de faire entrer ses acteurs sans perruques et sans costumes. Arrivés sur scène, ces derniers ouvrent leur casier, se changent et débutent ensuite. Cette introduction donne au spectateur l’impression qu’il assiste à la préparation de la pièce, ce qui la rend si divertissante et si magique. C’est comme si l’on entrait dans le vestiaire de notre équipe de hockey favorite. On a envie d’être partisans. La table est mise pour le rire.

Variations sur un temps, c’est un exutoire à notre quotidien trop morose. Y assister, c’est prendre le temps de relativiser les choses pour se rendre compte que la vie, c’est cyclique. Tout revient toujours au même. No stress buddy. Comme le petit café réconfortant en ce petit temps frais d’automne, Variations sur un temps, c’est un baume sur l’été qui s’envole. Parce qu’au final, tout n’est pas si grave.