Every Thing Will Be Fine… ou pas

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Crédit photo: Every Thing Will Be Fine

Comme après un repas vraiment bon mais vraiment pas nutritif, on sort du visionnement de Every Thing Will Be Fine, un long-métrage présenté en première montréalaise le 16 octobre dernier, dans le cadre du Festival du nouveau cinéma, avec les papilles satisfaites, mais l’estomac vide. Le réalisateur, Wim Wenders, nous livre un film indéniablement bien fait et touchant, mais dont la trame narrative est toutefois loin d’être captivante et qui laisse malheureusement un sentiment d’insatisfaction final.

Les ingrédients de ce long-métrage semblaient à première vue annoncer un résultat très prometteur: Wenders à la réalisation, – artiste qui a gagné, dans les 30 dernières années, plusieurs Oscars, Césars et de nombreuses autres distinctions dans le monde du cinéma – et une prémisse intrigante et émouvante qui aurait pu mener à une histoire fascinante.

Le film nous raconte la vie de Tomas (James Franco), un écrivain en panne d’inspiration, qui s’est isolé au Canada pour tenter de pondre son troisième roman. Un jour, il percute et tue accidentellement un petit garçon, alors qu’il est en route vers chez lui. L’incident a tout d’abord des répercussions dramatiques sur sa vie: il quitte sa petite amie (Rachel McAdams), s’enferme pendant des semaines dans un motel à la salubrité douteuse et tente même de se suicider. Mais il réussit à sortir de sa phase dépressive et comme chez tout artiste torturé, l’inspiration est à ce moment à son apogée. Il publie un best-seller qui sera le premier d’une série de succès littéraires. Parallèlement, on suit la vie de Kate (jouée par Charlotte Gainsbourg) et Christopher, la mère et le grand frère du garçon que Tomas a tué. Plusieurs bonds narratifs nous font découvrir comment évoluent leur vies pendant une dizaine d’années. Leur chemins se croisent parfois et leur existences restent abstraitement liées.

Passionnant, n’est-ce pas? Oui, en apparence, mais en fait, pas vraiment. L’intrigue tombe rapidement à plat. Le jeu des acteurs, principalement celui de Franco et de Gainsbourg, représente le point fort du long-métrage. L’aspect technique est intéressant, on sent que Wim Wenders est passé par là, ce qui constitue un autre atout indéniable. Mais Every Thing Will Be Fine reste une expérience cinématographique somme toute plutôt insatisfaisante. Personne n’aime passer deux heures à table sans être rassasié à la fin.